Les Amis de Port-Navalo

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19 août 2013

Le Petit Prince

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                                      Au Domaine de  Kercouedo, chacun connait ce chemin attenant au  " lotissement du Prince " . 

De quel Prince s'agit-il ?   Un Prince aurait t-il vécu ici ???

Jacques Orluc nous apporte son souvenir,  il a bien connu le "Petit Prince " .

 

  Dans les années 1950, on négociait, expédiait et vendait le poisson à la Criée de Port-Navalo et il arrivait , comme dans toute les Criées marchandes, que les rougets frais avaient quelquefois été proposés sur les marchés de Méditerrannée avant de revenir sur l'étal.

Mais celle-ci était particulière : son directeur mettait une fois par mois les batiments à la disposition des jeunes de la presqu'île pour qu'ils puissent y venir danser  et l'on voyait des couples plus ou moins vieux  valser entre les caisses et les odeurs de poisson.

Ce Directeur était " le Petit Prince".

Nous peignions tous les deux, moi pour me faire de l'argent de poche, lui pour se distraire. Il achetait mes toiles par solidarité et j'écoutais avec intérêt et amusement ses longues diatribes.

Et puis en arrivant en vacances un mois de juillet , il n'était plus là !! 

Je l'ai retrouvé une ou deux années plus tard. La rue du Petit Prince qui va de l'église à l'anse du Crouesty était un sentier en terre battue entouré de champs et il habitait une petite maison construite au milieu de l'un d'eux, proche de la baie . Il était entouré d'un grillage afin que quelques moutons bien gros, habillés de leur fourrure, paissent en liberté; destinés à la boucherie, ils étaient devenus ses animaux de compagnie. La baie, sauvage à l'époque était proche.

Seul ou avec des amis, j'allais quelquefois lui rendre visite : il était toujours d'humeur gaie, savait raconter avec ironie la vie à Arzon et n'était pas avare de conseils et digressions. Une visite de trois heures pendant lesquelles, l'écoutant   nous n'avions pas dit un mot se terminait souvent par " merci de votre conversation "

Il avait réalisé une grande fresque et sa technique est unique et spécifique au lieu : il voulait peindre les sensations .

Telle qu'il l'a décrite et que je l'ai comprise, cela donne : " le Petit Prince , maigre,  en slip, le masque de plongée sur la tête, courait vers la baie, traversait la nationale, et à quatre pattes, la tête dans l'eau, attendait l'instant. Dès qu'une crevette, une herbe bougeait, il bondissait et retournait  en courant à son domicile peindre sa surprise ou sa peur !

Malheureusement je n'ai jamais vu cette oeuvre, ses neveux s'en étant servi comme cible d'entrainement pour le tir à l'arc.

 Plus sérieusement, il travaillait à la réalisation pour un éditeur d'un ouvrage illustré sur les blasons et armoiries européens .Les pages dessinées que j'ai vues sur sa table de travail, d'un format A3 étaient très belles,d'une qualité professionnelle, faite d'enluminures aux couleurs moyenâgeuses. Ce livre était destiné à cinq cent lecteurs disséminés dans le monde et parlant la vraie langue bretonne; car disait-il, les dialectes bretons pratiqués étaient de vulgaires patois.

 J'ai ainsi découvert que le Petit Prince était en fait très cultivé et en relation avec une diaspora bretonne très discrète qui, disait-il, aurait traduit dans sa langue tous les ouvrages culturels et scientifiques majeurs.

Je n'ai jamais cherché la vérité, mais il montrait une connaissance et une réflexion personnelle sur les religions et l'ésotérisme et il me parait évident que si nos visites l'amusait, il était sur un autre niveau d'intérêt et et de réflexions.

Naturellement son originalité, sa culture, sa candeur, sa franchise lui attiraient des critiques et une méfiance de la part des Arzonnais de l'époque, mais il avait aussi des amis et de la famille.

Le temps a encore passé. Il a quitté Arzon, je me suis marié .

Je l'ai revu , étonné, habillé d'une robe blanche pour dire une messe druidique chez ma Belle Mère. Il revenait d'Irlande et s'était "converti et formé" pour enseigner sa nouvelle relgion. Il avait sûrement trouvé sa voie et nous n'avions plus d'intérêt commun.

   Mais l'histoire du Petit Prince continue en Bretagne, et c'est par la presse ( nationale et régionale ) que j'ai eu des nouvelles.

Avec quatre adeptes, ils ont investi une église abandonnée au coeur de la Bretagne et assez rapidement , les habitants du voisinage sont venus à leur messe druidique, délaissant leur lieu de culte habituel.

Après de longues procédures, les autorités ecclésiastiques ont réussi à faire évacuer l'église, lui permettant de retourner à son état d'abandon.      

pour ceux qui voudraient en savoir plus, il faut se tourner vers les archives des journaux régionaux. Il est probable qu'il existe à Arzon d'autres amis du Petit Prince et sans doute  d'autres histoires...                                                                                                                  

                                                                                 Jacques Orlucdruide

 

 

 

 

                     racontez vos souvenirs en écrivant à   hervejan@amisdeportnavalo.fr

                                                    ( Jacques est l'auteur de la " Belle Hortense " )

Posté par janerve à 22:47 - SOUVENIRS - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Le Petit Prince

  • merci de cette information

    Depuis longtemps,nous nous interrogions sur la raison de ce chemin du prince ; est-ce possible de situer l'époque ? Sa maison existe telle encore à ce jour ?

    Posté par RICHARD, 20 août 2013 à 10:07 | | Répondre
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