Leur tour du monde écolo à bord d'Amasia se passe à merveille

L'histoire

Ils vivent leur rêve les yeux ouverts ! Partis du Crouesty, le 21 septembre, à bord d'Amasia, un ketch entièrement rééquipé « Zéro émission », les quatre copains d'Éco sailing project poursuivent leur tour du monde écologique à la voile.

Martin Delapanne, Arzonnais d'origine, Pierre Laparre, François Allemand et Béranger Laurent, qui viennent de finir leurs études, mènent un projet unique et inédit qu'ils ont imaginé.

Bateau équipé par Naviwatt

Ils ont pris le large après s'être débarrassés du vieux diesel polluant qui équipait leur bateau pour le remplacer par deux moteurs électriques mis au point spécialement par Naviwatt. La société arzonnaise croit depuis 2008 en la propulsion électrique dans la plaisance. L'énergie dont ils ont besoin au quotidien leur est fournie par des éoliennes, douze panneaux solaires et un hydrogénérateur.

Direction : le Golfe de Gascogne : « Alors que nous avions encore la terre en vue, on a pêché notre premier poisson que François, super chef, s'empressa de cuisiner au citron. Du lourd ! Puis un gang de dauphins est venu nous souhaiter bon vent. Et puis... une baleine ! Quel émerveillement ! »

Quelques heures plus tard, le temps change et c'est le premier coup de vent essuyé par l'équipage. Puis c'est le retour au calme. « Nous en profitons pour tester l'endurance de nos moteurs : ceux-ci ont tourné durant 20 heures à 3 noeuds, nous permettant d'arriver silencieusement et sans une goutte d'essence à La Corogne pour une escale de plusieurs jours. »

Ils profitent de toucher terre « pour optimiser encore et toujours la monture. On consolide l'étanchéité, on remplace des charnières, un winch d'artimon et surtout on récupère ».

Le 4e parc éolien mondial

Une semaine plus tard, cap sur Madère. « Nous longeons la côte espagnole, observant les immenses et interminables champs d'éoliennes plantés là. Depuis un an, en Espagne, l'énergie éolienne est la première source d'électricité avec 21,1 % de la production. En terme de puissance, le pays possède le quatrième parc éolien mondial. »

Après six jours de navigation et un joli coup de tabac qui les a contraints à une escale rapide, ils atterrissent à Porto Santo à Madère, « quasiment autonome grâce aux énergies renouvelables. On aperçoit d'ailleurs de nombreux champs d'éoliennes et de panneaux solaires en arrivant ». Ils ne s'éternisent pas aux Canaries, « mais c'est le moment d'effectuer les dernières réparations importantes et le dernier gros avitaillement avant le Cap-Vert et la transatlantique ».

Direction : le Cap vert. Sur l'île de Boa Vista plus particulièrement. « Les projets de construire toujours plus de villages de vacances dans ces zones pourtant protégées peuvent sembler bien paradoxaux. Non au tourisme de masse, oui au tourisme doux ».

Le 3 janvier, ils arrivent aux Antilles après une traversée de 17 jours, 20 heures et 40 minutes. « Vive la douche et vive la bière fraîche ! » Là-bas, ils tombent sur une manifestation de Greenpeace contre des prospections d'hydrocarbures à quelques encablures de la côte « avec des risques de marée noire ».

Puis cap sur l'Île de Barbuda, l'une des dernières contrées antillaises où la nature a gardé ses droits et Saint-Martin, « pour acheter un nouvel appareil photo pour alimenter le site internet ».

Le 26 janvier au soir, « les rivages d'un nouveau continent apparaissent devant la proue d'Amasia. Bienvenido en Colombie. » Selon les dernières données de leur balise, les quatre équipiers se trouvent au large du Panama. L'aventure continue.

Lionel CABIOCH.

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