<$BlogItemShareWidget$>Les Amis de Port-Navalo

Les Amis de Port Navalo est une association créée pour établir des liens de convivialité, réaliser des animations, préserver la qualité du site de Port-Navalo...

26 avril 2015

Port-Navalo....Autrefois

           Reprenant la suite de ses chroniques sur le Port-Navalo d'autrefois , Annie Loudes-Bocquet nous invite à la découverte  des hameaux et villages de Port-Navalo et d'Arzon  grâce aux souvenirs des "anciens".

      

 

      Kercouédo… Labert… Port-Lenn… Le Monténo… Le Mendu… Pembert… Nerbondic… Bernon…  Lenn-Vihan…  Kerjouanno.

      Des appellations familières à tous les ʺenfants de Port-Navaloʺ que nous sommes. 

 Nous avons eu l’idée, l’été dernier, avec quelques amis,  d’alimenter nos petites chroniques sur le Port-Navalo d’autrefois en évoquant  les hameaux qui composent le village ainsi que le bourg d’Arzon. 

Pour les  faire revivre et nous en  parler nous avons cherché à rencontrer des ʺanciensʺ, des port-navalais ou arzonnais de souche. On nous a donné quelques  noms, des numéros de téléphone…. Hélas, ces contacts n’ont pas été très fructueux. Certaines personnes n’ont pas souhaité répondre à notre sollicitation. Replonger dans le passé, fouiller dans leur mémoire pour faire surgir images et anecdotes de cet ʺautrefoisʺ était  une démarche difficile, voire douloureuse pour certains peut-être.

        Nous nous contenterons donc essentiellement des souvenirs  de Monsieur  Georges Duport qui nous avait raconté l’an dernier ʺsonʺ hôtel Boris,  ressuscitant également le temps d’une chronique la figure de madame Boris.

 

Souvenirs de M. Duport

       Monsieur Duport, né à LABERT nous parle du hameau de son enfance.

Labert est ce hameau  traversé par  une rue portant autrefois  le même nom et qu’on a rebaptisée aujourd’hui Rue de Verdun[1]. Il est situé entre le boulevard de la Résistance (qui conduit à la plage) et la rue des Fontaines (qui mène à Port-Lenn et se prolonge par le boulevard de la Rade.)

Labert était autrefois la rue que l’on empruntait venant d’Arzon pour aller à la plage ou se rendre sur le port. C’était la rue principale du village. Elle n’était pas goudronnée, c’était un chemin de terre. À cette époque le petit train de la Presqu’île circulait encore[2] . Dès la cessation d’activité  du petit train, Labert a été viabilisée, le car du CM passait par là pour faire son tour dans Port-Navalo.  Ensuite la voie du chemin de fer est devenue la route menant d’Arzon à Port-Navalo.

 Parenthèse : une  anecdote concernant le petit  train.

       L’évocation de ce chemin de fer, ô combien  pittoresque, est lié dans la mémoire de M. Duport à ses souvenirs de ʺjeux de gaminsʺ.

Le petit train faisait une halte à la fontaine de Labert. En ce temps-là, à la fourche des rues de Labert et de l’actuel boulevard de la Résistance il y avait une fontaine où le train s’arrêtait parfois pour qu’on remette de l’eau dans la locomotive.

Le jeu  des gamins consistait  à se coucher sur la voie pour poser l’oreille et écouter le bruit. Quand ils entendaient le train arriver ils mettaient en vitesse des pierres sur la voie pour l’obliger à s’arrêter !

Retour à Labert.

         Dans Labert à cette époque il y avait deux fermes, celle des Le Blaës, et celle des Tanterre. Ces deux familles étaient originaires du Finistère. Monsieur Blanchet, le maire du village à l’époque, avait fait venir des finistériens pour travailler la terre. Les petites cours devant les fermes donnaient directement sur le chemin de terre. Il n’y avait pas non plus de séparation entre les maisons, on passait de l’une à l’autre.

Au moment des moissons, M. Duport confirme les souvenirs de madame Flahault. On battait le blé au fléau dans les cours devant les maisons après avoir préparé sur le sol une à deux couches de bouse de vache séchées au soleil puis lissées.

 

(div photos) Photo Port Navalo

 

À Ty-Coz, la petite maison aux volets verts, à l’angle des rues de Verdun et des Hortensias demeurait mademoiselle Henriette, fille de madame Baudouin. Cette dame était chanteuse d’opéra et se vantait d’avoir servi de modèle à Hergé pour son personnage de la Castafiore.

Au lieu-dit Le Prado[3] autrefois il n’y avait que trois maisons. Ty-Glas, maison de madame Tessier (la maison bleue devenue jaune aujourd’hui au n° 20 du boulevard de la Résistance),  la maison Dorso et la maison Hervis. La rue du Prado était aussi un chemin de terre. Derrière Ty-Glas, il y avait un endroit marécageux dont les gens du quartier (et peut-être d’un peu plus loin !) avaient fait une décharge. Monsieur Duport se souvient qu’avec ses petits copains ils allaient fouiller là-dedans pour y dénicher des ʺtrésorsʺ. Ils avaient même ʺbaptiséʺ la décharge  Les Galeries Lafayette !

KERCOUÉDO  (entre le boulevard de la Résistance et le bord de mer, derrière le camping de Port-Navalo) était un hameau de pêcheurs. Quelques petites maisons basses, bien abritées du vent sont alignées le long d’une minuscule impasse débouchant sur la place du hameau. Il l’est resté longtemps jusqu’à la disparition du dernier d’entre eux, Jean-Marie Cléquen. Telle était la physionomie de Kercouédo autrefois, telle elle est (presque) aujourd’hui.

À cette époque les hameaux vivaient en petites communautés. On se connaissait, on se fréquentait d’un hameau à l’autre, mais on disait quʺon était de Labert, du Bourgneuf, du Monténo , de Lenn-Vihan[4]ʺ.

       Arzon/Port-Navalo dans les années 50/60 étaient des villages dont l’activité tournait autour de la mer mais peut-être encore plus autour de la terre. Monsieur Duport se souvient encore des fermes qui alors faisaient vivre les familles et le pays.

À Labert les fermes Le Blaës et Tanterre citées plus haut. Au Bourgneuf la ferme Jégouzeau (Léone). Au Monténo, les fermes Pochic, Martin et Moricet. À Kerners  celle des le Blouc. À Nerbondic c’étaient les fermes Lemercier et Courchouan, à Pembert, une autre ferme Corchouan (Bernadette). À Arzon on comptait quatre familles de fermiers, les Couédel, les Le Boulicaut, Le Ridant et Béchennec. Sans compter d’autres fermes à Lenn-Vihan et Kerjouanno. Cette énumération suffirait à penser qu’on était plus des paysans que des pêcheurs à l’époque.

Saluons la mémoire de monsieur Duport qui se souvient encore de tous ces noms !

Pour terminer il  nous fait le récit d’une autre anecdote amusante : les vaches réquisitionnées par les Allemands pendant l’Occupation.

93 (david) Port Navalo

Des vaches réquisitionnées par l’occupant furent une fois  transportées par bateau. L’embarcation sur laquelle elles étaient a coulé. Les vaches ont nagé jusqu’à la plage. Les fermiers sont allés les récupérer, mais pour qu’elles deviennent leur propriété ils ont dû aller les déclarer en mairie.

             ( ʺEncore des que les boches n’auront pas !ʺ[5])

 

          

                                                 Annie Loudes-Bocquet

      



[1] Hommage rendu à un port-navalais  natif de Labert et envoyé sur le front à Verdun.

[2] Fin d’exploitation de la ligne en 1948.

[3] La rue du Prado venant de la rue des Fontaines débouche au rond-point où se rejoignent la rue de Verdun, le boulevard de la Résistance et la rue de Kercouédo.

[4] Hameau situé derrière le port du Crouesty, à côté de l’établissement de  Thalassothérapie.

[5] NDLR (C’est moi qui fais ce commentaire !)

Posté par janerve à 00:39 - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags :

Commentaires sur Port-Navalo....Autrefois

  • Merci beaucoup pour ce travail de recherche qui ns replonge si loin en arriere. Dommage qu il n y ait plus guere de traces de cette epoque. "Rue de la gare ou cinema La Locomotive ". Mais plus rien de visible sur l ancienne vie rurale ?...
    Encore Bravo ! Ch.F.

    Posté par christine, 26 avril 2015 à 08:42 | | Répondre
  • Né à Bernon en 1941, j'ai apprécié votre article .Quelques détails supplémentaires en
    fouillant dans ma mémoire . J'ai souvenir d'un travail fait par le recteur Cariou indiquant qu'il y avait 25 fermes à Arzon en 1945.Entre un tiers et la moitié des paysans étaient d'origine bigoudène Ils avaient " émigré des communes de Penmarch, Plomeur, Plobannalec après la guerre 14-18.
    Les fermiers de Leen Vihan se nommaient Cabioch; ceux de Kerjouanno Le Moigne et Luherne..A Kerners,il y avait deux fermes Blouch - une dans le village;l'autre à la pointe- ainsi qu' une ferme Audo (route de Béninze après la Chapelle .) A Béninze, une ferme Le Brun. A Port Nèze, une ferme Le Roux.A Tumiac,une ferme Machefaux. A Bernon, une ferme Lainé...
    Jean Gloaguen , parisien depuis 1970, mais conservant de solides attaches avec une commune d'Arzon presque totalement transformée au cours du demi-siècle passé.

    Posté par Jean Gloaguen, 04 février 2016 à 07:57 | | Répondre
  • Né en 1972, j'ai passé mes vacances d'été à la pointe de pembert. J'ai bien connu Bernadette Corchouan et son mari Hyacinthe. Je me souviens du lait chaud sorti directement de l'étable. Nous campions au terrain de la fontaine sur la pointe de pembert. Nostalgie quand tu nous tiens

    Posté par rills, 10 mars 2021 à 22:25 | | Répondre
Nouveau commentaire