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25 août 2015

Le paludier de la presqu'île

Pour le paludier de Lasné à Saint-Armel, l'addition est salée

Olivier Chenelle s'apprête à quitter la saline de Saint-Armel après 12 ans d'exercice, suite à un différent avec le conseil général, propriétaire des lieux. Il reste pourtant optimiste, et pourrait bien migrer vers Sarzeau.

« Vous êtes toujours là ? Pourquoi le sentier pédagogique a disparu ? » Ces questions, Olivier Chenelle les entend plusieurs fois par jour. Ce mardi, nombre de visiteurs s'inquiètent du sort du paludier de Saint-Armel, que l'on annonce depuis quelques mois en route pour Sarzeau.

Après 5 ans de conflit, le conseil général, propriétaire du terrain classé espace naturel sensible qu'il exploite, n'a pas souhaité renouveler son Autorisation d'occupation temporaire qui prend fin en octobre. « Ils ont essayé de m'expulser avant même que l'AOT ne se termine, mais j'ai tenu bon, notamment grâce à une bonne récolte », explique Olivier Chenelle, qui ne cache pas sa déception.

Tristesse et amertume

Selon lui, son exploitation est « le dommage collatéral d'une lutte politique. » Le conseil général lui reprocherait notamment son relationnel avec les touristes, ce que l'intéressé dément : « J'ai été le premier à accueillir des groupes, et à aménager le lieu pour présenter la nature au public grâce à des panneaux explicatifs, des longues vues et un aquarium. Mais quand ça devient industriel, il n'est plus possible de faire découvrir la nature. »

« Un pari risqué mais plein d'espoir »

Une décision incompréhensible pour l'exploitant, qui a déposé il y a trois ans un recours au tribunal administratif de Rennes, et qui regrette que les élus ne soient pas venus sur le site. Il a néanmoins pu compter sur une mobilisation importante, une pétition ayant recueilli 6 000 signatures. « Les gens ne comprennent pas, car ici c'était un projet précurseur sur un plan touristique et environnemental,dans le cadre du parc naturel régional », argumente-t-il, résigné.

Pour rebondir, Olivier Chenelle voudrait réhabiliter les marais salants de Truscat, sur la commune de Sarzeau. « Les propriétaires sont d'accords pour le bail et le maire me soutient dans ce projet, mais l'investissement de remise en état est important et cela signifie trois ans sans production », souligne-t-il. L'opération nécessitera par ailleurs l'aval de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement, ainsi qu'une étude d'impact. « Cette étude, je m'y plierai, même si je pense que l'on ne peut que constater les effets positifs de la saline de Saint-Armel sur la faune et la flore. »

« Mon carburant c'est la nature »

Car Olivier Chenelle se définit comme naturaliste avant d'être producteur. Passionné d'ornithologie, il a pu veiller pendant 12 ans sur un écosystème riche, où les espèces d'oiseaux avaient trouvé refuge. « Avant, c'était un espace où l'homme et la nature pouvaient être en harmonie. Un marais non seulement joli, mais qui avait un esprit et une fonction. Maintenant, l'homme ne fait que du sel, et les oiseux s'en vont. »

Olivier Chenelle aime à croire qu'ils ont déserté les lieux pour le soutenir, et qu'ils reviendront l'accompagner dans sa prochaine aventure, qu'il espère à Truscat plutôt qu'à Guérande. Car de toute façon, il ne se voit pas arrêter. « Ma vie, c'est la nature, et ça, personne ne pourra me le retirer ».

 

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