Poétesse, conteuse et bientôt médaillée

Monette, poétesse depuis de longues années, aime noircir ses carnets de poèmes pensifs et réalistes.
Monette, poétesse depuis de longues années,
aime noircir ses carnets de poèmes pensifs et réalistes. | 

 À bientôt 90 ans, Simone Dulac, alias Monette, aime écrire des poèmes pensifs et réalistes. Et ça paye, car elle a remporté plusieurs prix et recevra la médaille de la Ville le 14 juillet.

Les gens d'ici

« À 16 ans, j'ai commencé à écrire mes premiers poèmes sérieux. Avant, c'étaient de petites saynètes pour les colos », raconte Simone Dulac, alias Monette, l'oeil rieur.

Bretonne de naissance, elle est arrivée à Arzon à sa retraite et a commencé à participer aux jeux poétiques de Vannes dès 2002. Depuis, tous les ans, elle remporte un prix.

« Cette année, le thème retenu était les migrants. Ce n'était pas facile d'écrire sans faire de politique, toucher les gens sans mièvrerie », précise-t-elle. Elle aura les résultats en 2018 mais elle vient déjà d'apprendre qu'elle avait le premier prix du conseil général du Morbihan pour son ensemble de huit poèmes.

Délicatesse et sensibilité

Elle aime écrire des poèmes pensifs, réalistes et toujours pleins de délicatesse et de sensibilité. Elle vient d'obtenir le Grand Prix 2016, décerné en 2017, pour un recueil de 40 poèmes sur le thème du vivre ensemble. Elle l'a appelé Sans se voiler la face. C'est la première et dernière fois qu'elle le remporte car on ne peut y participer qu'une fois.

Le sourire, qu'elle a laissé errer le long des grèves, quelque peu déçues de ce monde où tout va vite, ou l'on se croise sans se prêter attention, fait partie de ce recueil.

Notre Monette arzonaise, l'oeil pétillant, le sourire toujours aux lèvres, fêtera ses 90 ans fin juillet. Pourtant, elle ne se contente pas de faire de la poésie, elle aime aussi partager.

Alors, depuis quelque temps, elle s'adonne avec plaisir à de nouvelles activités. On pouvait l'entendre lors de la journée « portes ouvertes » aux jardins en compagnie de musiciens, mais aussi déclamer des poèmes lors d'expositions de peinture ou au moulin de Pen-Castel.

Monette la malice

Elle a été demandée pour faire des exposés sur la poésie et la manière d'écrire. Elle raconte aussi aux enfants des écoles les contes « les plus cruels. Je les arrange un peu pour ne pas faire peur aux petits », dit-elle malicieusement.

Et puis, elle s'est lancée dans l'écriture d'un livre en prose semi-autobiographique. « Je raconte les bons et les mauvais moments de ma vie avec humour, sans tout dire. Durant ma vie, j'ai toujours pris des notes. J'essaye d'écrire pour me guérir et en sourire, en parler pour ne plus en pleurer », explique Monette.

Le livre est parti la semaine dernière chez l'imprimeur. Elle sera présente aux Nocturnes littéraires le 25 juillet, dès 16 h, sur le port du Crouesty. Avant cela, elle aura reçu la médaille de la Ville. Elle sera en effet honorée le jour de la Fête nationale.