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11 octobre 2018

Migration

Golfe du Morbihan. De moins en moins d'oiseaux migrateurs

Lundi, une journée de comptage, comme tous les mois entre septembre et mars, est organisée sur les 12 000 ha du Golfe. Douze équipes se répartissent sur quatorze zones de comptage. Il faut compter les oiseaux en même temps pour être au plus proche de la réalité.

Deux heures avant la basse mer

À Kergeorget, dans la commune de Sarzeau, Guillaume Gélinaud conservateur de la réserve naturelle des marais de Séné ; Sonia Beslic, bénévole à Bretagne vivante et Benjamin Callard, salarié de Bretagne vivante sont chargés d’un secteur. Les yeux vissés sur la longue-vue, un compteur à clic dans la main, ils scrutent la côte. Quatre heures après la pleine mer, l’estran des marais du Douer est couvert par des milliers d’oiseaux.

Arrivée des bernaches

Les ornithologues commencent à examiner le site pour savoir quels oiseaux sont présents. S’ensuit un dialogue un peu incompréhensible pour les novices. « Tu la vois la spatule au milieu des barges ? » interroge Benjamin. « Vert orange, orange vert » rétorque Guillaume. « Beaucoup d’oiseaux, comme la spatule ou la barge à queue noire ont des bagues de couleur qui permettent de les reconnaître à distance, explique Guillaume Gélinaud. Cette barge a, par exemple, été baguée dans le golfe du Morbihan en 2001. » La bonne nouvelle du jour, c’est l’arrivée des bernaches. « Elles sont venues pendant la nuit car elles n’étaient pas là hier. »

En provenance de Sibérie

L’an dernier, 15 000 bernaches ont été comptées. « Mais il y a 25 ans, on en dénombrait entre 25 000 et 35 000 », soutient le conservateur. La bernache descend de la péninsule du Taymir, en Sibérie, où elle se reproduit.Elle vient passer l’hiver dans le golfe du Morbihan ou ailleurs mais « jamais plus loin que le bassin d’Arcachon ».Elle se nourrit dans les zostères naines « dont la superficie a été divisée par deux en 20 ans. Le Parc naturel régional étudie et protège les grandes zostères toujours immergées mais pas les zostères naines, qui sont pourtant essentielles à certains oiseaux pour se nourrir », affirme Guillaume Gélinaud.

Identifier les causes

À quelques encablures de la côte, des spatules déploient leurs grandes pattes nonchalamment, le bec fourré dans la vase à la recherche de petits poissons ou de crevettes. Là encore, la ressource se raréfie.Guillaume Gélinaud estime que la qualité des vasières est altérée mais ne sait pas pourquoi. « Il faudrait d’abord identifier les causes de la disparition de l’alimentation en mettant des moyens pour mener des investigations. On ne peut pas proposer des changements sans études. »

La pression humaine forte

L’équipe se déplace dans la rivière de Noyalo. Et là, il n’y a plus aucun oiseau à compter. « La pêche à la palourde a repris. Les oiseaux sont dérangés et ne viennent pas. Chaque usager a l’impression d’avoir une activité qui impacte peu la nature, mais au final la pression humaine est de plus en plus forte », affirme Guillaume Gélinaud, qui pense que la pénurie d’alimentations et le dérangement des oiseaux sont les deux causes principales de la baisse des oiseaux migrateurs.

Le comptage se poursuivra jusqu’au printemps. Arrivera l’heure du bilan et peut-être des études. « On a l’impression que le Golfe est très étudié, mais ça n’est pas le cas. Le golfe du Morbihan fait illusion. »

Posté par portnavalo1 à 15:10 - ENVIRONNEMENT - Commentaires [0] - Permalien [#]
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