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03 octobre 2019

Arzon. Mille Sabords : Jean-Luc Van Den Heede : « Le bateau, c’est un rêve » © Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/morbiha

Arzon. Mille Sabords : Jean-Luc Van Den Heede : « Le bateau, c’est un rêve »

Jean-Luc Van Den Heede.


Le dernier vainqueur de la Golden Globe Race, Jean-Luc Van Den Heede, est le parrain de Mille sabords, salon du bateau d’occasion au port du Crouesty (Arzon). Il y présentera un film sur ce tour du monde « à l’ancienne », sans technologie moderne. Une épreuve décalée, comme son patron. Entretien.


Votre palmarès est long comme le bras. Quel sens a votre présence comme parrain de Mille sabords, ce salon dédié aux bateaux d’occasion ?

C’est un salon que j’aime bien. C’est une opportunité extraordinaire de comparer les bateaux. C’est un salon important pour moi qui, pratiquement tout le temps, ai acheté des bateaux d’occasion.


Votre présence ne dénote donc pas au milieu de particuliers, d’amateurs…

Moi, je suis un amateur aussi ! J’ai démarré comme tous les gens qui vont être là pour acheter des bateaux. J’en ai acheté vingt dans ma vie, dont quinze d’occasion. Mon dernier bateau, je l’ai acheté d’occasion. Même chose pour le précédent avec lequel j’ai fait mon tour du monde.

En plus d’être navigateur, vous êtes conférencier, écrivain… C’est une nécessité liée à l’évolution de votre profession ou ce sont des besoins que vous ressentez ?

On m’a demandé de venir témoigner, raconter comment j’y arrive, expliquer mes « recettes ». J’en ai fait une, deux, puis trois. J’ai structuré mon discours, je l’ai travaillé avec des professionnels. J’en ai fait plus d’une centaine aujourd’hui.

Vous y racontez votre parcours ?

Oui, mais je souhaite aussi faire passer des messages. Je ne parle pas business ou boulot, mais plutôt comment j’ai solutionné tel ou tel problème. J’encourage mon public à l’optimisme et à voir plutôt le verre à moitié plein, plutôt qu’à moitié vide.

Moi, je ne parle que de bateau mais les gens font la relation avec ce qu’ils vivent en entreprise.

C’est du développement personnel adapté à la mer…

Absolument. Moi, je ne parle que de bateau mais les gens font la relation avec ce qu’ils vivent en entreprise. Dans la préparation, dans la façon de régater, de préparer un bateau en solitaire… Il y a des tas de similitudes avec la vie en entreprise.

Mille sabords met en place un pôle sécurité. L’attrait pour la plaisance s’accompagne aussi de comportements parfois dangereux. Vous le constatez aussi ?

Je pense qu’il y a une prise de conscience assez importante. En mer, finalement, la proportion d’accidents est assez faible si on compare aux voitures.

Quelle est l’actualité sportive de Jean-Luc Van Den Heede ?

Je viens de racheter un bateau de course-croisière. Je compte, l’année prochaine, faire les régates sur la façade Atlantique. Ces épreuves ne sont pas très médiatisées mais elles sont difficiles à gagner. J’aime bien mettre au point un bateau pour en tirer la quintessence.

Le titre de votre dernier livre c’est « Le dernier loup de mer ».

J’espère quand même ne pas être le dernier ! C’est vrai que je détonne : aujourd’hui, il n’y a qu’une chose qui compte, c’est la vitesse. Les bateaux volent. Ce n’est pas l’image que j’ai du bateau. La mienne est plus classique, c’est le bateau qu’on peut faire par tous les temps. Quand je suis en compétition, j’aime qu’on soit tous à armes égales.

Les bâtiments de la Coupe de l’America, je ne comprends même pas comment ça marche ! (rires) Ils n’ont plus de quilles.

Peut-on comparer ce que vous avez fait sur la Golden Globe Race et ce que font des marins plus jeunes sur des embarcations qui « volent » sur l’eau ?

Non. Si j’avais 30 ans de moins, sûrement que j’en serais. Mais aujourd’hui, je ne suis pas capable de mener un bateau de Vendée Globe. J’en ai tout à fait conscience. Je n’ai pas les compétences pour cela. Même chose pour les bâtiments de la Coupe de l’America. Je ne comprends même pas comment ça marche ! (rires) Ils n’ont plus de quilles. Des monocoques sans quille, c’est incroyable !

Quel regard portent sur vous ces jeunes navigateurs ?

Thomas Coville a fait la préface de mon livre. C’est vraiment très très bien écrit. Ils me regardent comme un ancien. Comme moi quand je regardais Tabarly ou Marcel Bardiaux La roue tourne. Les anciens ont ouvert la voie. Par exemple sur le Vendée Globe. On mettait 110 jours. Ils mettent moins de 80 jours. C’est énorme.

« Réalisez vos rêves d’enfants » est le slogan de cette 35e édition. Les vôtres ont-ils été réalisés ?

(Il s’exclame) Exactement ! Le bateau, c’est un rêve. Il y a des gens qui disent, « ça ne vaut pas le coup d’acheter un bateau parce que j’en fais huit jours par an, et je préfère le louer ». Je respecte ça. Mais, quand on possède un bateau, même si on n’en fait qu’un mois par an ou trois semaines, le reste du temps on en rêve. Naviguer c’est un rêve. Et moi, j’ai atteint tous mes rêves.

Pratique :
35salon Mille Sabords, du 31 octobre au 3 novembre 2019 au Port du Crouesty, à Arzon (lemillesabords.com). Le Dernier loup de mer, Stock, parution le 4 novembre 2019.


© Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/morbihan/vannes/arzon 01-10-2019

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