Le télégramme Publié le 27 décembre 2021 à 07h30

À Arzon, La Locomotive accélère sur ses rails

Mélanie Rey, à la tête du cinéma La Locomotive, à Arzon, relance la machine depuis la réouverture du cinéma en juin 2021.

Mélanie Rey, à la tête du cinéma La Locomotive, à Arzon, relance la machine depuis la réouverture du cinéma en juin 2021. (Le Télégramme/Sophie Paitier)

Le cinéma La Locomotive, à Arzon, a failli baisser le rideau. La municipalité a relancé le cinéma début 2020, juste avant le confinement. Depuis la réouverture des salles en juin, La Locomotive est en phase d’accélération.

« Oui, c’est difficile, oui il n’y a pas beaucoup de monde dans les salles, mais on s’en sort ! La projection de films est repartie régulièrement ».

Mélanie Rey est aux commandes de la Locomotive depuis février 2020, après un arrêt sur image de plusieurs mois. L’ancien gérant du cinéma, abrité dans un bâtiment municipal, avait baissé le rideau en 2018. Écran noir entre octobre 2018 et juin 2019.

La mairie a réalisé des travaux et isolé le vieux bâtiment qui était l’ancien garage de la locomotive de la ligne Surzur-Arzon. La gestion du cinéma a été déléguée à Arzon Événement, une structure créée a moment de la fusion avec Vannes agglomération. Deux personnes ont été recrutées : Mélanie Rey, responsable à l’époque des événements et de la communication d’Arzon Evènement, et Vincent de Tolédo, un ancien projectionniste de 35 mm.

« On s’est formés tous les deux à l’univers du cinéma actuel, raconte Mélanie. J’ai fait du droit à l’image, du droit audiovisuel. On a appris à télécharger les films qui arrivent sous forme de fichier numérique. Un film de base, c’est 150 gigas octets et 48 h de téléchargement. On a deux projecteurs Christie, qui sont très fragiles. J’ai appris la technique sur le tas ».

Ouvert tous les jours ou presque

Il a fallu surtout relancer la machine pour remplir à nouveau les deux salles du cinéma, une de 121 places, l’autre de 81, rebâtir une programmation et maintenir des séances régulières. « On est ouvert tous les jours de l’année, précise Mélanie. On est fermés le jeudi, de novembre à début février, mais ouverts tous les jours pendant les vacances de la Toussaint et de Noël. On fait entre 36 et 45 séances par semaine. Pendant les vacances, on peut faire huit séances par jour ».

La programmation, c’est son domaine. Elle le reconnaît volontiers, le Box-office, ce magazine professionnel sur l’activité cinématographique, est devenue son livre de chevet. Pas d’ententes avec d’autres cinémas pour des commandes groupées, qui permettent d’avoir des grosses sorties nationales, mais obligent les exploitants à garder des films trois semaines ou plus à l’affiche. Même s’ils ne marchent pas. « J’appelle directement les distributeurs et je fais une programmation hebdomadaire pour être plus proche des attentes de notre clientèle, déroule-t-elle. Si un film ne marche pas, je supprime des séances. C’est plus de boulot, mais c’est plus souple ».

Elle peut s’appuyer sur une solide culture cinématographique, qu’elle affirme devoir encore affûter, sur des coups de fil à sa sœur réalisatrice, qui connaît évidemment très bien le milieu et les réalisateurs.

Déjà 20 000 spectateurs cette année

Et ça commence à marcher. L’ancienne Locomotive totalisait 13 000 spectateurs par an. La nouvelle, avec une ouverture à la mi-juin, en totalise déjà 20 000. « Nous visons les 30 000 spectateurs par an », confie Mélanie.

Elle a déjà décroché, le label « art et essai » en juin, puis le « label jeunesse », et enfin celui « répertoire et patrimoine ». « Ça aide beaucoup. L‘ Agence pour le développement régional du cinéma (ADRC) et l’association Cinécran aussi. Ils nous aident à avoir des productions plus importantes qu’on n’arriverait pas à avoir tout seul. On se bat tout le temps pour avoir des sorties nationales ».

2022 s’annonce riche pour La Locomotive. Le cinéma accueillera un concert filmé pendant les Hivernales du jazz, participera au festival de musique irlandaise et au mois du cinéma européen au printemps. « Il faut recréer des habitudes, que les gens comprennent qu’il se passe des choses ici, » conclut-elle.