Le Télégramme  Publié par Loïc Berthy le 31 mai 2022 à 19h14 Modifié le 01 juin 2022 à 10h21

Après la fin de la grève des éboueurs, le retour à la normale de la collecte sera progressif en pays de Vannes 

Près de l’école Sévigné ce mardi matin. Il faudra plusieurs jours avant de retrouver un retour à la normale dans le pays de Vannes.

Près de l’école Sévigné ce mardi matin. Il faudra plusieurs jours avant de retrouver un retour à la normale dans le pays de Vannes. (Le Télégramme/Loïc Berthy)

Ils demandaient 100 € d’augmentation, les agents de collecte des déchets de l’agglo en ont obtenu 85. Ils ont donc décidé de mettre fin à leur grève et de reprendre le travail demain mercredi. Les collectes vont reprendre progressivement.

Les négociations qui achoppaient depuis une semaine se sont accélérées ce mardi. En deux temps. Une première réunion a eu lieu en tout début de matinée, marquée par une nette avancée des discussions, l’agglo de Vannes acceptant de lâcher du lest sur la revalorisation salariale demandée par les agents de collecte des déchets. Puis en tout début d’après-midi, un deuxième échange accompagné d’un geste supplémentaire de la collectivité a achevé de dénouer la situation.

À 15 h, les grévistes votaient à l’unanimité la fin de leur mouvement entamé depuis le mardi 24 mai. « Ils nous ont accordés 60 € de prime de pénibilité, à nous et aux agents du service de l’eau, à partir du mois de juillet. Plus une autre de 50 € à partir du mois de septembre. On est satisfaits et prêts à reprendre le travail mercredi », explique Denis Hemery, un des leaders du mouvement. Cette revalorisation salariale représente environ 85 € nets de plus sur la fiche de paye, là où les grévistes demandaient 100 €. Ils ont également obtenu le paiement de leurs journées de grève.

« Retour à la normale progressif »

Dans un communiqué David Robo, qui préside l’agglo de Vannes, s’explique sur ce dénouement. « J’ai rencontré les agents du service déchets en janvier dernier pour aborder avec eux la pénibilité de leur travail au quotidien. Ces agents de l’agglomération ont un régime indemnitaire parmi les plus bas des collectivités du Grand Ouest. Aujourd’hui, je me félicite de la reprise du travail dès demain matin Les jours travaillés seront payés aux agents en contrepartie de leur engagement de rétablir au plus vite les conditions de salubrité publique.

Dans l’attente des décisions gouvernementales de revalorisation du point d’indice de la fonction publique territoriale, qui n’a pas bougé depuis 5 ans, j’ai pris l’engagement d’une revalorisation salariale de 50 € brut dès septembre pour l’ensemble des agents. Cette décision permet d’anticiper et de garantir les futures évolutions attendues. Concernant les tournées de collecte, le retour à la normale sera progressif. Des informations complémentaires seront communiquées très prochainement sur le site internet de l’agglomération et ceux des communes ».

A gauche, les déchets recyclables de l'agglo d'Auray, à droite ceux de l'agglo de Vannes. Au centre de tri, on s'attend à une déferlante de déchets dans les jours qui viennent.
À gauche, les déchets recyclables de l’agglo d’Auray, à droite ceux de l’agglo de Vannes. Au centre de tri, on s’attend à une déferlante de déchets dans les jours qui viennent. (Le Télégramme/Loïc Berthy)

Un raz de marée attendu au centre de tri

La fin de la grève des éboueurs était attendue par de nombreux commerçants et restaurateurs qui, c’est à remarquer, témoignaient de leur soutien aux grévistes malgré le désagrément des monticules de sacs-poubelles au pied de certains containers enterrés. À l’image de Bertrand, le chef de cuisine du restaurant l’Atlantique sur la place Gambetta « Je comprends leur mouvement de grève, mais il faut reconnaître qu’on commençait à sentir des odeurs pas très agréables sur notre terrasse. Comme beaucoup de restaurants du port, on travaille des produits de la mer. Quand, dans les sacs-poubelles vous avez des carcasses de fruits de mer, des restes de langoustines, et qu’il fait chaud, ça sent très vite mauvais ».

La reprise de la collecte des déchets ménagers et recyclables risque de créer un effet d’engorgement au centre de tri de la zone du Prat qui tournait au ralenti depuis le début du conflit. « À hauteur de 30 % de nos capacités puisqu’on continuait de recevoir les déchets des autres collectivités adhérentes. Je pense qu’on va devoir faire face à un raz de marée dans les jours qui viennent », commente Sylvain Jolesse, directeur du Sysem.